Triumph Tiger 660 sport : un essai (presque) sans peur et sans reproche

Triumph Tiger 660 sport : un essai (presque) sans peur et sans reproche

17 février 2022 1 Par JusDorange

A vrai dire, il faut être un peu timbré pour rouler à Paris à moto. Même pour y rouler tout court, depuis qu’une équipe de bras cassés saccage la ville avec méthode, faisant tout pour faire vivre un enfer aux usagers motorisés et complaire ainsi à la minorité des bobos à vélo qui constitue sa clientèle électorale.

L’heure est donc à la résistance et aux bouchons. Alors, pour se déplacer dans cette jungle urbaine, pourquoi ne pas choisir un tigre ? Ou plutôt un tigrou, s’agissant de la nouvelle Triumph Tiger 660 sport ?

C’est à la Bastille, d’où la pauvre Lili-peau-d’chien a été priée de déguerpir pour laisser la place à une biocoop-vrac et à des « consom-acteurs » plus aisés, que nous avons pris contact avec la machine. Une belle bécane, à vrai dire, avec des finitions à la hauteur de la réputation de Triumph. On regrettera juste que, comme tous les modèles de la marque, elle n’ait pas été fabriquée en Grande Bretagne, mais en Thaïlande… on se consolera vite de cette foutue mondialisation low-cost en se disant que BMW fait pareil, allant même jusqu’à mettre des moteurs chinois de Loncin dans ses modèles d’entrée de gamme !

Pas besoin d’être un géant pour la chevaucher

Mais revenons à la Tiger. L’appui sur le bouton « start » fait chanter le fameux trois pattes. Y’a pas à dire, c’est du beau son, néanmoins respectueux du voisinage et de la norme Euro5.

Si cette nouvelle Tiger est le trail dérivé de la Trident, pas besoin d’être un géant pour la chevaucher : la selle culmine à 835 mm et sa finesse permet au plus grand nombre de l’appréhender sans trop risquer d’acrobaties aux feux rouges.

La moto est également assez légère et bien équilibrée. Les premiers tours de roue boulevard Beaumarchais en remontée de file montrent toute l’agilité de la bête. Faut juste faire gaffe aux rétros, très efficaces mais assez larges, qui peuvent facilement entrer en conflit avec ceux des utilitaires et des SUV.

C’est un peu plus à l’aise que j’emprunte le boulevard Bourdon, essayant d’éviter les interminables chantiers sans but et les nids de poule de la chaussée ravagée, en louant la mollesse de la suspension arrière de la Tiger, même si la selle est moins confortable qu’il y paraît.

Je file en direction d’Austerlitz, histoire de rejoindre ensuite l’A4 par la portion des quais de Seine qui reste ouverte à la circulation, au grand dam de Notre-Drame de Paris. Le shifter permet un passage en douceur des vitesses et mieux vaut surveiller son compteur, car même bridée A2, en zone urbaine, on frôle vite la correctionnelle avec cette moto !

Une douceur inouïe

Le trois cylindre est en revanche d’une souplesse inouïe, qui permet de descendre jusqu’à 20 ou 30 km/h en 5e et de reprendre sans cogner à la remise des gaz.

L’intégration sur l’A4 se fait facilement en slalomant entre les bagnoles et on gagne très vite en vitesse et en aisance.

Cette portion d’autoroute permet ainsi de vérifier que la protection de la bulle, une fois montée au plus haut (ce qu’on peut faire en roulant) est correcte. Les dépassements sont aisés et l’on irait bien plus loin, jusqu’en Champagne même, s’il n’était déjà temps de faire demi-tour. Et de retourner, avec une certaine appréhension, dans l’enfer de la circulation kafkaïenne de Mme Hidalgo.

Au final, pour une moto d’entrée de gamme à moins de 10000€, cette Tiger 660 est plutôt convaincante. Elle est aussi plus moderne que ses concurrentes – Suzuki Vstrom, Kawasaki Versys ou Yamaha Tracer 7 – permettant une connectivité et même l’usage d’un GPS intégré par Bluetooth dans son tableau de bord (en option). Avec des valises et un top case de 58 litres (en option aussi), elle permettra ainsi de sortir de la ville, histoire de se faire un petit week-end et de se dégourdir les pneus, des Michelin Road 5 en première monte. Mais attention : tous les essayeurs professionnels ont noté qu’en conduite sportive sur route de montagne, les suspensions sont vite dépassées par les capacités de la machine. Chose que je n’ai pas pu constater lors de mon essai parisien, faute de virages et de route propice à l’arsouille. Mais il est aussi probable que ces motos seront d’abord utilisées dans des zones urbaines et suburbaines, pour lesquelles elles sont vraiment indiquées. C’est en tout cas ce que je me dit en reprenant le guidon de ma vieille Aprilia Mana 850 GT, une moto que j’adore, mais qui a peut être fait son temps…

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