ESSAI Zéro 125 DS, la moto pas si nulle…

En voilà une au moins que les futurs radars à décibels – ultime invention de l’Etat pompe à fric et motophobe – ne choperont pas. Parce qu’elle ne produit aucun son mis à part un petit « fiiiiizzzzzz » de soucoupe volante.

C’est à Nantes, ville aussi « verte » qu’à la con niveau circulation, que l’on a pu se donner bonne conscience au guidon d’une Zéro DS 125 électrique, une journée durant.

« Attention : c’est l’équivalent d’une 125, mais ça accélère comme une 800 », avait prévenu le vendeur. Mouais…

Chevauchons donc le truc kaki pour une balade en ville. A la mise en route, il ne se passe strictement rien, si ce n’est l’allumage de l’écran servant de compteur et d’ordinateur de bord. Avec en gros l’information la plus importante pour ce genre d’engins: l’autonomie restante avant recharge et deux ou trois bricoles annexes.
Pour lui dire qu’on est prêt à partir, il faut actionner le frein avant puis le relâcher. Et tourner l’accélérateur.

En mode éco, le démarrage est plutôt doux sur les cinq premiers mètres. Puis arrivent les watts avec une pêche étonnante. En ville, mieux vaudra d’ailleurs surveiller son compteur comme le lait sur le feu pour ne pas commettre un gros excès de vitesse sans même s’en apercevoir dans ces foutues zones 30. Comme il faudra surveiller les piétons et trottinetteux, cette nouvelle plaie urbaine, qui n’entendent pas arriver la moto et auront tendance à se jeter sous ses roues, équipées de pneus à crampons (on se demande bien pourquoi).

Sur voie rapide en mode éco, la 125 plafonne arrivée à 110 km/h (113 compteur). En mode « sport », elle pourra atteindre les 130-140 compteur. Mais ni la voie rapide, ni l’autoroute ne sont son terrain de jeu. Très vite, d’ailleurs, le capteur « vertèbres » indique que le suspension arrière est indigente tandis que le capteur « cul » trouve la selle bien trop fine et ferme. Le capteur « trouille » dit quant à lui que le frein, surtout celui de l’arrière, pourrait être perfectible. Heureusement, le système de récupération de l’énergie à la décélération permet de bien ralentir l’engin de 135 kg.

Sinon, la conduite est assez douce et tranquille, la transmission par courroie sans accoup et aux feux rouges, on se prendrait presque à sympathiser avec les cyclistes, si ce n’étaient ces effluves tenaces de sueur qui entourent leur présence dès que la température dépasse les 25 degrés Celsius. Et les autres motards ? Ceux qui crament de l’essence sans se soucier de la détresse des ours polaires et font du bruit avec leurs pots d’échappements comme si l’on était encore au XXe siècle ? Eh bien le croiriez-vous ? Ils continuent de vous saluer, comme si de rien n’était, vexés, peut-être, de se prendre un vent au démarrage par une brèle de 11 kW (15 ch). Débridée, elle pourrait d’ailleurs atteindre les 33 kW (44 ch).

En conclusion, voilà une moto de ville assez sympathique, à la qualité de fabrication correcte, offrant environ 130 km d’autonomie pour le modèle à deux batteries. Le mode sport permettra de se faire davantage plaisir, mais moins longtemps. 
Une fois les batteries à plat, il faudra compter entre 3 et 6 heures pour les recharger ; et elles devraient pouvoir endurer 3000 cycles.

On aime (un peu)

  • ça ne fait pas de bruit
  • ça ne coûte pas cher en carburant et en entretien
  • les « bobos urbains » vous verront d’un bon oeil

On n’aime pas

  • l’électricité ne vient pas de la prise… et les batteries sont polluantes
  • le prix exorbitant !
  • le confort en général
  • l’affreuse couleur kaki

Write a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *